2020
24 july - 16 august

Program

France Inter
Wynton Marsalis © Francis Vernhet
Wynton Marsalis Septet

Marciac aurait pu se contenter, depuis que son festival invite chaque année le trompettiste néo-orléanais, de le présenter comme « le meilleur trompettiste de jazz vivant », ce qui eût suffi à situer son pouvoir d’attraction (et fût probablement justifié.) Mais ce bail emphytéotique que Wynton Marsalis a signé avec la bastide gersoise n’est pas qu’un slogan publicitaire. C’est, en creux, la signature d’une profession de foi qui pourrait s’appliquer aussi aux nombreux artistes qui reviennent régulièrement proposer leur musique sous le chapiteau : la permanence du jazz dans ce qu’il a d’incontestable et sa mutation vers un lendemain qui vit sous nos oreilles. Cette double fonction qu’incarne le trompettiste n’échappe pas à ceux qui viennent l’écouter chaque année. Venus de France, de Navarre et d’ailleurs, ils nourrissent secrètement le désir de vivre les mêmes éblouissements swingants que l’année précédente tout en acceptant d’être conduits dans une pièce minutieusement rénovée de la même maison. Il y a toujours un air de peinture fraîche appliquée sur de solides murailles dans la musique de Wynton Marsalis…

« Wynton Marsalis sait que, plus d’un quart de siècle après son premier concert au village, on ne lui pardonnera pas la redite. D’où vient cette permanence dans ses choix esthétiques (un néo-classicisme dont le sens du risque, bien réel, se cache dans les détails) qui n’entraîne aucun sentiment de déjà vu ? C’est que la machine dont il est le mécanicien en chef est en soi un objet d’admiration, qu’elle n’offre jamais la même ritournelle et qu’au moment du solo, le public redécouvre le sens profond de cette musique, sans patronage, sans mode d’emploi, sans explication de texte. »

Wynton Marsalis trompette
Wess “Warmdaddy” Anderson saxophone alto
Victor Goines sax ténor, sax soprano, clarinet, clarinette basse
Vincent Gardner trombone
Richard Johnson piano
Carlos Henriquez contrebasse
Herlin Riley batterie, drums, tambourine


Concert du 11 août 2006

 
Kyle Eastwood © Francis Vernhet
Kyle Eastwood Quintet

On l’avait vu timide et presque gêné de porter un nom si lourd d’images (y compris musicales). On a découvert ensuite un discret meneur de groupe de post-bop actualisé par un groove léger, rendant accessible des compositions ouvragées juste ce qu’il faut. Depuis, Kyle Eastwood  –tantôt contrebasse, tantôt basse électrique- affirme sa position de jazzman qui va à l’essentiel, propose du solide plutôt que de l’ethéré, impacte notre mémoire des notes. Connaissant le goût de Stefano Di Battista pour les improvisations bien construites, les phrases lyriques et puissamment zig-zagantes, il était fatal que ces deux personnalités se rencontrent. Un loup dans une bergerie gardée par un jeune lion…

« Kyle Eastwood est un contrebassiste élégant : beau son, jeu délié, accentuations toutes en finesse, un zeste de classicisme, un savoir faire tout terrain... La fraîcheur qu'il apporte est née autour d'une trame riche d'échanges où s'illustrent de brillants musiciens... La preuve par l'exemple avec ce concert à Marciac où le saxophoniste italien Stefano Di Battista tire son épingle du jeu sur quelques belles montées en puissance lors d'un solo directement inspiré de Charlie Parker. »

 

Stefano Di Battista saxophone
Brandon Allen saxophone
Quentin Collins trompette
Andrew Mc Cormack piano
Kyle Eastwood contrebasse
Chris Higginbottom batterie

 

Concert du 5 août 2016

 
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